reims capitale du gallicanisme suite 3

Publié le par eglise gallicane reims

P1010019.JPGP1010010

La conversion de clovis :

 

Clovis voyait son pouvoir grandir, mais sa conversion était loin d’être acquise c’est pourquoi Clotilde et Remi furent importants car beaucoup d’obstacles compliquent le chemin de sa foi. Son fils, premier né était mort après avoir reçu le baptême chrétien, là le païen reprend vie dans sa conscience, il attribue ce malheur au mécontentement des idoles, son second fils Chlodomir fut gravement malade, Clovis logiquement évoque les mêmes raisons, il fallut les prières de Clotilde pour obtenir l’intervention divine et une guérison miraculeuse. A ce moment l’arianisme battait son plein cela aussi avait impressionné le sicambre et pouvait également le  détourner, sa sœur Lantéchilde est arienne , une autre Alboflède est l’épouse du roi arien Théodoric. La plus grande difficulté restait la conversion du peuple.

 

Remi préfère les francs à Rome : 

 

Certes Remi l’apôtre des francs porta devant les fonds baptismaux le roi, mais lui-même avait abandonné la cause de Rome pour passer à celle des francs. L’avenir des barbares était plus prometteur que celui de l’empire de Rome. C’est très probablement pour toutes ces raisons que Rome et Remi durent se mettre d’accord sur les termes et laisser à Clovis la victoire, il y a également des controverses à ce sujet. Mais on imagine mal Clovis triomphant chef respecté des barbares ne pas poser des conditions.

 

Le mystère de la victoire de Tolbiac :

 

Ce qui mit un terme aux hésitations de Clovis fut la victoire de Tolbiac entre l’armée des francs et les alamans la bataille faisait rage, le roi en grande difficulté, levant les yeux vers le ciel aurait invoqué le Christ en ces termes : «  Jésus fils du Dieu vivant, Dieu de Clotilde, toi qui dit-on donnes une aide à ceux qui peinent et offres la victoire à ceux qui espère en toi, je sollicite la gloire de ton aide, si tu m’accordes la victoire sur ces ennemis et si j’expérimente la vertu miraculeuse que le peuple à voué à ton nom, je croirai en toi et me ferai baptiser en ton nom. J’ai en effet invoqué mes dieux, mais comme j’en ai fait l’expérience ils se sont abstenus de me répondre ! je pense donc qu’ils ne sont doués d’aucune puissance eux, qui ne viennent pas au secours de leurs serviteurs, c’est toi que j’invoque pour m’arracher à mes adversaires. »  Il est évident que Clovis ne possédait pas un tel lyrisme, les barbares ainsi nommés à cause de leur langage frustre n’auraient surement pas compris ; mais la chronique rapporte qu’instantanément les ennemis se retournèrent terrorisés et prirent la fuite, le miracle avait donc eu lieu. Une autre version serait que la papauté aurait convenu à l’avance la victoire de cette victoire afin d’obliger Clovis, les gallicans préfèrent cette version, mais qui dit vrai ? Clovis, accepta donc le baptême à condition que le Pape ne vienne pas se mêler des affaires du royaume, la papauté n’était qu’une référence spirituelle, le roi devait devenir le chef de l’Eglise catholique la tradition gallicane était à ses débuts et devait s’affirmer à Reims.

 

Le baptême de Reims :

 

La splendeur s’était invitée à la fête, l’éclat était de rigueur ce qui est normal car dans toute l’histoire les gallicans étaient réputés pour le faste de leurs cérémonies comparées à l’austérité romaine. Clovis et Remi étaient d’accord pour donner un retentissement important et efficace à la fête. Des messagers furent envoyés dans tout le royaume pour signaler aux évêques que le roi se convertissait et qu’il devenait le chef religieux du pays. Un grand nombre d’invitations étaient transmises pour assister aux solennités de Reims. Les évêques se soumettant à l’autorité nationale acceptèrent de participer à la pompe liturgique, les autres peut-être n’acceptaient pas que l’autorité catholique soit représentée par un barbare. Reims pavoisait ce jour de noël la population se pressait dans les rues convergeant vers la cathédrale. Les églises sont ornées de courtines blanches, et la place de tentures de couleurs en tête du cortège derrière la croix des prêtres des clercs portant les livres saints des chants spirituels ; Ensuite viennent les évêques, puis saint Remi tenant Clovis, la reine Clotilde, les deux sœurs, la famille proche du roi sans oublier les fidèles soldats francs. Clovis dans toutes cette joie ces magnifiques tapis, des voiles d’or pendaient dans la cathédrale, de nombreuses invitations avaient été lancées donc beaucoup de notables somptueusement vêtus à tel point que Clovis se tournant vers Remi lui aurait demandé : «  est-ce le royaume de Dieu que tu m’as promis ? » non répondit l’évêque c’est le chemin qui y mène. Des cierges en grand nombre étaient allumés, une brume d’encens rajoutait au mysticisme, le paradis terrestre semblait être revenu. Le rituel de baptême pouvait commencer. Clovis se dévêtit, puis il s’enfonça dans l’eau du baptistère, Remi lui demandant : «  promets de renoncer à Satan, à ses pompes et à ses œuvres. » A ce moment saint Remi se rend compte que le prêtre qui devait apporter l’huile pour oindre le roi était pris dans la foule, alors désespéré Remi leva les yeux vers le ciel vit une colombe d’une blancheur immaculée qui lâcha dans les mains de l’évêque la Sainte Ampoule. C’est là aussi que la phrase célèbre fut prononcée : «  courbe toi avec douceur fier sicambre, adore ce que tu as brulé et brule ce que tu as adoré. Clovis aurait été immergé trois fois au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, ensuite le baptiste lui versa l’onction baptismale sur la tête, il revêtit la robe des nouveaux baptisés. L’assemblée et les trois mille soldats furent aspergés en guise de baptême. Le miracle de la Sainte Ampoule avait eu lieu puisque de ce baptême la grande union de tout le pays en fut la conséquence. La suite de la tradition de Reims fut le sacre de vingt deux rois chefs de l’Eglise gallicane indépendante de Rome.   

Publié dans religion