Satan notre adversaire

Publié le par eglise gallicane reims

009Satan notre adversaire

  

   Satan comme chacun le sait s’est révolté contre Dieu,  a perdu sa place au ciel et avec lui sa bande de démons ;  donc depuis ce temps il n’à plus d’alternative il doit pervertir nos âmes s’appuyant sur nos misères temporelles et nos maux physiques, pour effacer la vérité semée dans les âmes, et les précipiter dans l’abîme.

 

   Son rôle de tentateur apparaît dans la genèse, quand il dit à Eve de gouter du fruit de l’arbre de la connaissance, qui ferait d’elle l’égale de Dieu, orgueil encore et déjà. Jésus  sera tenté dans le désert et bien d’autres encore.

 

   L’orgueil de Satan est si grand qu’il ne peut envisager l’amour Victor Hugo dans sa légende des siècles lui fait dire « l’amour me hait », dans ces conditions il faut le chasser, car il peut se transformer en ange de lumière pour vous entrainer dans la spirale de l’échec ; il y a même des âmes qui se convertissent à lui.

 

    Mais si il s’en prend à une personne celle-ci ne le voit pas tout de suite, ses attaques sont intimes son action est discrète il n’a aucun intérêt à être dépisté. Sur certaines personnes très mystiques sont action est visible pouvant aller jusqu’aux stigmates.

 

   Pour mieux le comprendre nous nous  réfèrerons au livre de Jean Guitton qui était académicien, et qui dans son ouvrage portrait de Marthe Robin avait décrit Satan avec grand talent ; qui était cette femme : une petite paysanne qui vivait dans la maison de ses parents qu’elle n’a jamais quittée, elle a rejoint le Paradis le 6 février 1981. Pendant 30 années elle n’a pris aucune boisson ni aucune nourriture, ne recevant que la communion ; durant tout ce temps elle souffrit chaque vendredi les douleurs de la Passion dont elle portait les stigmates.

 

   Voici donc cette  description bien loin des clichés habituels :

 

   « Ce qui m’a surpris en causant avec Marthe de cette lancinante et journalière épreuve, c’est que, comme les évangiles de la tentation, elle ne dépréciait pas son gentil Belzébuth. Descartes avait lui aussi, cru voir ce Malin : il devait l’appeler un «malin génie » et lui faire jouer un grand rôle dans sa dialectique. Marthe disait qu’il était fort intelligent et elle ajoutait qu’il était beau.

 

   Depuis ce temps, je n’ai plus pu me représenter l’adversaire sous des formes, hideuses et grimaçantes. En Lucifer, quand je tente de l’imaginer pour mieux le peindre, je me figure un merveilleux visage de douteur. Je vois deux mains longues et fines, jointes par de beaux ongles comme dans la prière, mais sans cet entrelacement des doigts qui est le signe de l’amour. En somme, je conçois un être châtié d’avoir mal ou trop aimé la créature par une éternelle impossibilité d’aimer.

 

   Lorsque Marthe parlait de lui, disais-je, elle ne le méprisait pas. Elle l’apercevait  dans sa noblesse, qui pour être déchue demeurait une noblesse. Caïn était protégé par Yahvé, qui ne permettait pas qu’on le touchât. Il était aux yeux de Marthe, comme le frère d’Abel, un prince déchu et sans espérance, qui avait reçu le pouvoir de tout « saccager ».

 

   Lorsqu’il s’attaquait à son corps virginal, qu’il le déportait, le frappait contre le mur, le jetait  à terre (comme il le fit à son dernier jour), elle n’était pas blessée : elle n’était pas même découverte. L’impur respectait sa pudeur. Si, à son dernier moment de vie sur terre il l’a terrassée, j’ose croire que c’est pour lui permettre de s’évader solitaire hors de ce monde, sans déranger personne par une agonie.

 

   En somme, le triomphe du malin aux yeux de Marthe était un triomphe déjà défait : son pouvoir était un pouvoir impuissant. C’était aussi l’idée de Goethe : dans Faust, Méphistophélès parle en désespéré, comme un vainqueur vaincu.

 

   Marthe habitait deux domaines : celui que nous appelons « ce monde », celui que nous appelons, faute d’un autre mot et par négation : «  l’au-delà ».            

Publié dans religion

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