Saint Bruno chanoine de Reims n'enseignait pas le latin
Saint Bruno est né à Cologne vers 1035, il était chanoine de Reims, il enseignait l’hébreu, le grec et la théologie comme nous le constatons il n’enseignait pas le latin. Parmi ses élèves un jeune seigneur champenois, devenu pape sous le nom D’Urbain II. Les bienfaits dont l’archevêque Manassès le comblait ne lui fermaient pas les yeux sur les excès du prélat, il fut d’ailleurs un de ses principaux accusateurs au concile d’Autun, ce qui lui valut d’être suspendu de ses fonctions vers 1077. Bruno vit aussi sa maison forcée, ses biens séquestrés, sa prébende vendue ; il était très mécontent de ces scandales donnés l’Eglise. Pour fuir la dignité d’archevêque qu’on voulait lui imposer , il quitta l’enseignement et le monde pour se consacrer à Jésus-Christ, il envoya une lettre dans ce sens au prévôt de Reims rappelant à ce dernier : « vous rappelez-vous un jour nous promenant dans le jardin proche de mon logis, après avoir discouru de la caducité des biens et des plaisirs de la terre, comparés à la durée des joies célestes, nous promîmes au Saint Esprit de quitter au plutôt les choses périssables et prendre l’habit monastique. »
Fidèle à son vœu, Bruno trouva un maitre éclairé dans la science du salut saint Robert, que les solitaires de Molesme avaient choisi pour abbé et qui fonda ensuite l’ordre de Cîteaux. Ce fut sur ses conseils qu’il alla se présenter avec ses compagnons, à Hugues, évêque de Grenoble. Ils furent conduit dans la retraite qui leur était destinée. L’endroit était désertique, et tellement difficile d’accès qu’il était dangereux de s’y aventurer. Là, ils élevèrent un oratoire, construisirent des abris couvert de branchages, et se livrèrent à la contemplation et à l’amour de Dieu. Cette solitude s’appelait la Chartreuse, elle fut à l’origine de l’ordre des chartreux en 1084, qui dans un premier temps s’appelait pauvres du Christ.
Bruno n’a jamais donné de règle particulière à ses disciples ; ils suivirent celle de saint Benoit en la ramenant à sa rigueur primitive. Ils habitaient chacun une cellule séparée, au nombre de douze seulement. Les jours d’offices en commun, c’est dire les dimanches et fêtes, on leur permettait l’usage du poisson et du fromage ; le reste du temps, le pain de son et les légumes composaient l’unique repas quotidien ; nous rappelons que la règle de saint Benoit exclut la consommation de viande. Tout parmi eux respirait la pauvreté. Ils observaient le silence et cultivaient un sol stérile. La prédication leur était interdite. Ils s’occupaient à transcrire des manuscrits. Avec les parchemins qu’on leur donnait, ils firent une bibliothèque qui devint très riche.
Bruno, fit un séjour à Rome auprès de son ancien élève Urbain II pour l’aider dans les rivalités avec son rivale Guibert. Enfin il s’établit dans un monastère avec de nouveaux disciples, qui s’étaient attachés à lui en Italie, et reprit la pratique de ses austérités. C’est le 6 octobre 1101 qu’il rejoignit les jardins du créateur.